Archive for janvier, 2012

100% RIVE-NORD, 100% RIVE-SUD : le journalisme de proximité par Radio-Canada

L’incontournable site internet Radio-Canada.ca lançait en novembre Rive-Nord et Rive-Sud, deux nouveaux sites web d’actu destinés aux Montréalais. Petite présentation.

Le principe des sites Rive-Nord et Rive-Sud est simple : informer les habitants sur des sujets qui les concernent et leur donner la possibilité d’échanger et de réagir à l’information. On mise donc ici sur l’info locale, mais également sur l’info pratique, comme l’état de la circulation, les principales nouvelles ou encore les discussions en court sur des sujets qui préoccupent les Montréalais au quotidien.
A travers cette initiative, Radio-Canada entend être proche des habitants des couronnes nord et sud et de leurs attentes. Et pour être à la hauteur de ses ambitions, le groupe déploie deux équipes de trois journalistes qui se consacrent chacune à une zone. L’originalité du concept? Un car de reportage, véritable bureau sur roues qui permet aux journalistes de sillonner le territoire et de mettre en ligne leurs articles accompagnés d’image, de son ou de vidéo.

Les sites comportent trois onglets : une rubrique magazine, une rubrique vos questions, et enfin contactez l’équipe.
La partie magazine est consacrée aux informations. Les articles sont accompagnés de photos, de graphiques, de son ou encore de vidéo. Sous chaque article, un bouton contribuer permet de commenter l’article (car il s’agit là d’une simple zone de commentaire). Mais force est de constater que les réactions sont peu nombreuses. Le second onglet, quant à lui, permet aux internautes de poser des questions à l’équipe de journalistes. Les questions sont ensuite classées par thème. De nombreuses questions restent malheureusement sans réponse (les journalistes seraient-ils débordés?). Enfin, un formulaire offre aux internautes la possibilité de soumettre des propositions d’amélioration, des idées ou encore des remarques. Le site se veut ainsi proche des habitants, par le fond et par la forme.

31 janvier 2012 at 07:25 Laisser un commentaire

Le data journalisme appliqué à l’élection présidentielle américaine : exemple du WashingtonPost.com

L’élection présidentielle américaine à venir est l’occasion rêvée pour les sites d’information de dégainer leurs plus beaux graphiques et leurs camemberts hauts en couleur. En 2012, c’est décidé, les élections seront placées sous le signe du journalisme de données, comme c’est le cas sur le site du quotidien national américain Washington Post.  Alors en avant pour un zoom sur les outils et infographies proposés sur WashingtonPost.com

@mentionmachine
Outil web lancé début janvier, cette « machine à mention » comptabilise le nombre de fois que sont mentionnés, sur twitter et dans les médias d’information, les candidats en lice pour les élections. L’intérêt de cet outil ? Constater de qui on parle le plus et dans quel contexte.
Le moins : le classement est, pour l’instant, un simple compteur. Une analyse journalistique des chiffres récoltés serait la bienvenue. Les journalistes réfléchissent toutefois à développer davantage l’outil.

Mad Money
A travers Mad Money, le Washington Post a choisi de s’intéresser à l’argent dépensé par les candidats dans la publicité télévisée. Les fonds mis en œuvre sont triés par mois, par État, par candidat, par thème…
Le plus : une analyse hebdomadaire des chiffres et la possibilité de visionner les spots télé.

Republican primary tracker
Sous forme de tableau, le journal fait le point sur les primaires républicaines et comptabilise les délégués déjà élus dans chaque État. Les candidats obtiennent ainsi un score qui évolue chaque semaine, en fonction des résultats des primaires.
Le plus : en cliquant sur « delegate allocation », les internautes accèdent à un tableau complet qui explique en détail comment les délégués sont élus au sein des différents États.

Campaign finance explorer
Comme son nom l’indique, cette page se focalise sur le financement des campagnes des candidats. Cartes, graphiques et tableaux mettent en évidence d’où viennent les fonds mis en œuvre par chaque candidat dans la campagne et combien ont été dépensés jusqu’à présent.
Le plus : la page permet d’afficher deux candidats côte à côte et ainsi de comparer les sommes dont chacun dispose pour sa propre campagne.

GPO presidential game
Et pour finir, un petit jeu. Ici, le but est de deviner quels gouverneurs, sénateurs et autres personnalités politique soutiendront quel candidat républicain. Une fois le pronostic établi, l’internaute peut vérifier ses réponses et sa progression au fil des jours…et se mesurer au journaliste Chris Cillizza.

Le Washington Post n’est bien sûr qu’un exemple parmi d’autres. ABC News consacre par exemple un mini site à la campagne présidentielle. On y trouve des infographies ludiques, complémentaires de celles présentées dans cet article. L’objectif est toujours le même : présenter des données (principalement des chiffres) à travers des graphismes qui permettent de mieux comprendre et de mieux visualiser l’information. Et bien sûr, susciter l’intérêt des internautes pour la campagne présidentielle.

14 janvier 2012 at 11:07 4 commentaires

Le Huffington Post débarque au Québec.

Mais où s’arrêtera-t-elle ? Après des éditions anglophones lancées au Royaume-Uni et au Canada en 2011, Arianna Huffington exporte à présent son pure player éponyme au Québec. Prévue pour la fin du mois de janvier, cette version québécoise compte bien se faire une place au sein des médias d’informations canadiens francophones. Alors que peut-on réellement attendre du Huffington Post Québec ?

L’édition québécoise du Huffington Post se calque sur son grand frère américain : un journal d’information en ligne (pure player) qui publie ses propres articles ainsi que des contenus provenant de blogueurs, intellectuels et autres acteurs de la scène politico-médiatique du pays. En quelques années, ce pure player s’est imposé parmi les médias américains d’information, jusqu’à faire de l’ombre aux géants du secteur. Le Huffington Post a également su trouver un modèle économique viable, ce qui lui permet d’être racheté début 2011 par AOL pour pas moins de 315 millions de dollars. Facile de comprendre pourquoi sa fondatrice Arianna Huffington, et surtout AOL, souhaitent exporter la formule à l’étranger. La version canadienne anglophone enregistre déjà un beau succès face à ses concurrents GlobeandMail.com et NationalPost.com. De plus, une étude de marché commandée par le HuffPost fin 2011 révèle que deux tiers de la population québécoise serait pour la création d’un site d’information francophone au Québec. De bonnes raisons pour que le Huffington Post Québec soit lancé dès le début de l’année 2012.

La mission fixée à ce nouveau Huffington Post est claire : proposer de « grands débats d’idées » ainsi que des informations exclusives. Mais contrairement au modèle américain qui possède une ligne éditoriale ancrée à gauche, l’édition québécoise ne souhaite pas se positionner politiquement.
Aux commandes du site québécois, on retrouve Patrick White, ancien rédacteur en chef de Canoe.ca et habitué du web 2.0. A ses côtés, trois journalistes : Jean-Philippe Cipriani de Radio Canada, en tant que chef des nouvelles, Julie Marcil et Tamy Emma Pepin du Journal de Montréal, qui occupera le poste de responsable des blogs. Un rôle tout trouvé pour cette journaliste habituée des réseaux sociaux et très suivie sur Twitter. En renfort de cette équipe, quelques pigistes et deux journalistes contractuels. Et surtout, un « important réseau de blogueurs locaux » (et bénévoles), comme le souligne Patrick White dans un entretien accordé à Infopresse.com. Les chiffres sont d’ailleurs considérables : Patrick White révèle qu’une centaine de blogueurs a déjà dit oui à une collaboration avec le pure player. Certains futurs collaborateurs sont d’ailleurs bien connus sur la toile, comme Normand Baillargeon, intellectuel québécois et auteur de Petit cours d’autodéfense intellectuelle, Jean Barbe, écrivain et journaliste culturel, ou encore Djemila Benhabib, auteur de Ma vie à contre-Coran.

Même si elle n’est pas encore sur les rails, l’édition québécoise fait déjà beaucoup parler d’elle et essuie des critiques virulentes, notamment dues au faible nombre de journalistes rémunérés et à un contenu produit en grande partie bénévolement (cf l’article de Maxence Knepper Controverses autour du Huffington Post). Mais outre les polémiques qu’il génère, le HuffPost Québec pourrait bien avoir de quoi inquiéter ses concurrents. Pour Martin Lessard, spécialiste en stratégies web et blogueur sur Radio-Canada.com, le site serait en mesure de « bouleverser le fragile équilibre médiatico-journalistique » québécois. Et faire « mal à ceux qui n’ont pas pris le virage numérique de la bonne façon et refusé d’intégrer de façon massive le public à la fabrication des nouvelles ». Le Journal de Montréal serait, d’après Martin Lessard, le plus exposé au potentiel raz-de-marée généré par l’arrivée du Huffington Post au Québec.
Reste maintenant à voir si l’édition québécoise saura se montrer à la hauteur de ses objectifs et si les internautes seront au rendez-vous.

6 janvier 2012 at 00:38 2 commentaires


Le journalisme dans tous ses États