Le Huffington Post débarque au Québec.

6 janvier 2012 at 00:38 2 commentaires

Mais où s’arrêtera-t-elle ? Après des éditions anglophones lancées au Royaume-Uni et au Canada en 2011, Arianna Huffington exporte à présent son pure player éponyme au Québec. Prévue pour la fin du mois de janvier, cette version québécoise compte bien se faire une place au sein des médias d’informations canadiens francophones. Alors que peut-on réellement attendre du Huffington Post Québec ?

L’édition québécoise du Huffington Post se calque sur son grand frère américain : un journal d’information en ligne (pure player) qui publie ses propres articles ainsi que des contenus provenant de blogueurs, intellectuels et autres acteurs de la scène politico-médiatique du pays. En quelques années, ce pure player s’est imposé parmi les médias américains d’information, jusqu’à faire de l’ombre aux géants du secteur. Le Huffington Post a également su trouver un modèle économique viable, ce qui lui permet d’être racheté début 2011 par AOL pour pas moins de 315 millions de dollars. Facile de comprendre pourquoi sa fondatrice Arianna Huffington, et surtout AOL, souhaitent exporter la formule à l’étranger. La version canadienne anglophone enregistre déjà un beau succès face à ses concurrents GlobeandMail.com et NationalPost.com. De plus, une étude de marché commandée par le HuffPost fin 2011 révèle que deux tiers de la population québécoise serait pour la création d’un site d’information francophone au Québec. De bonnes raisons pour que le Huffington Post Québec soit lancé dès le début de l’année 2012.

La mission fixée à ce nouveau Huffington Post est claire : proposer de « grands débats d’idées » ainsi que des informations exclusives. Mais contrairement au modèle américain qui possède une ligne éditoriale ancrée à gauche, l’édition québécoise ne souhaite pas se positionner politiquement.
Aux commandes du site québécois, on retrouve Patrick White, ancien rédacteur en chef de Canoe.ca et habitué du web 2.0. A ses côtés, trois journalistes : Jean-Philippe Cipriani de Radio Canada, en tant que chef des nouvelles, Julie Marcil et Tamy Emma Pepin du Journal de Montréal, qui occupera le poste de responsable des blogs. Un rôle tout trouvé pour cette journaliste habituée des réseaux sociaux et très suivie sur Twitter. En renfort de cette équipe, quelques pigistes et deux journalistes contractuels. Et surtout, un « important réseau de blogueurs locaux » (et bénévoles), comme le souligne Patrick White dans un entretien accordé à Infopresse.com. Les chiffres sont d’ailleurs considérables : Patrick White révèle qu’une centaine de blogueurs a déjà dit oui à une collaboration avec le pure player. Certains futurs collaborateurs sont d’ailleurs bien connus sur la toile, comme Normand Baillargeon, intellectuel québécois et auteur de Petit cours d’autodéfense intellectuelle, Jean Barbe, écrivain et journaliste culturel, ou encore Djemila Benhabib, auteur de Ma vie à contre-Coran.

Même si elle n’est pas encore sur les rails, l’édition québécoise fait déjà beaucoup parler d’elle et essuie des critiques virulentes, notamment dues au faible nombre de journalistes rémunérés et à un contenu produit en grande partie bénévolement (cf l’article de Maxence Knepper Controverses autour du Huffington Post). Mais outre les polémiques qu’il génère, le HuffPost Québec pourrait bien avoir de quoi inquiéter ses concurrents. Pour Martin Lessard, spécialiste en stratégies web et blogueur sur Radio-Canada.com, le site serait en mesure de « bouleverser le fragile équilibre médiatico-journalistique » québécois. Et faire « mal à ceux qui n’ont pas pris le virage numérique de la bonne façon et refusé d’intégrer de façon massive le public à la fabrication des nouvelles ». Le Journal de Montréal serait, d’après Martin Lessard, le plus exposé au potentiel raz-de-marée généré par l’arrivée du Huffington Post au Québec.
Reste maintenant à voir si l’édition québécoise saura se montrer à la hauteur de ses objectifs et si les internautes seront au rendez-vous.

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